L’histoire de CITBA
La Chaudronnerie Tuyauterie d’Aquitaine (CTA) voit le jour en 1958 à Orthez, fondée par Louis-Jean Verchère, jeune ingénieur des Arts et Métiers. Rapidement, l’entreprise se positionne comme un acteur majeur dans la chaudronnerie et la fabrication de tuyauteries haute pression, grâce notamment à l’innovation des supports élastiques, exportés dans le monde entier. À son apogée, la CTA emploie près de 500 salariés et étend ses activités à l’échelle régionale, nationale et internationale.
Cependant, dès 1972, l’entreprise connaît des difficultés financières, accentuées par le premier choc pétrolier de 1973 et la concurrence japonaise. Une diversification vers l’industrie nucléaire fragilise encore l’équilibre économique de la société, qui entre en règlement judiciaire en octobre 1975 et est finalement liquidée en novembre de la même année. Cette liquidation intervient dans un contexte industriel difficile, marqué par de nombreux licenciements dans le Béarn et un climat social tendu, avec manifestations et occupations d’usines à Orthez.


Pour préserver les emplois, plusieurs solutions sont envisagées. Les pouvoirs publics sont sollicités, mais aucune offre ferme n’émerge. Un projet de SARL porté par un ancien directeur aboutit uniquement à la création d’une petite structure de six personnes. Seule une SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production), proposée par trois cadres de l’ex-CTA – Jacques Denneulin, Georges Lissonde et Jean-Louis Badeigt – permettrait de relancer l’activité sur les trois sites d’Orthez, Lacq et Tarnos, tout en réintégrant 100 salariés. Ce projet suscite toutefois des réticences, en raison de l’engagement financier requis pour des salariés précaires et des inquiétudes liées aux libertés syndicales.
Face à ces blocages, la Confédération Générale des SCOP met en relation la section syndicale des ex-CTA avec la Verrerie Ouvrière d’Albi (VOA), coopérative emblématique fondée en 1896 par Jean Jaurès. L’intervention de son directeur général, Claude Vieu, et de son délégué syndical CGT, Antoine Torres, joue un rôle déterminant. Leur expérience d’une gouvernance partagée facilite le dialogue entre cadres et salariés et permet d’aboutir à un consensus sur le projet coopératif.
Le soutien de la population orthézienne et des élus locaux est également décisif. Les habitants et commerçants contribuent par une souscription pour aider les salariés privés de revenu, tandis que des élus tels que Jean-André Maye (Maire de Tarnos) et Henri Lassus (opposition à Orthez) apportent leur appui. Le Sénateur-Maire Jacques Moutet consent un prêt personnel de 50 000 francs, sans garantie ni intérêt, couvrant le capital initial requis. Grâce à ce soutien, la SCOP CITBA est officiellement créée le 1er avril 1976 chez Maître Yves Cholet, et le plan d’embauche prévu permet la réintégration progressive de 100 salariés sur les trois sites.
La croissance de CITBA se poursuit au début des années 2000. En 2001, la SCOP reprend la SCOP SMSA à Pontonx-sur-l’Adour, élargissant son activité à la mécanique générale et à la maintenance industrielle, et retrouvant des marchés dans la chimie, la papeterie et le bois. En 2005, CITBA fusionne avec la SCOP PALPLAST à Lons, spécialisée en chaudronnerie et tuyauterie plastique, diversifiant ainsi ses produits et sa clientèle vers l’agroalimentaire et la chimie.
En 2012, CITBA prend une participation majoritaire dans le capital d’INFAUTELEC, filiale basée à Montardon spécialisée en ingénierie, automatisme et informatique industrielle, ainsi qu’en systèmes d’information de contrôle et de sécurité. Cette acquisition permet à CITBA de proposer une offre complète, de l’ingénierie à la mise en service, renforçant sa capacité à accompagner ses clients sur des projets industriels intégrés.

Aujourd’hui, CITBA est reconnue comme un acteur coopératif majeur dans les domaines de la chaudronnerie, de la tuyauterie, de la maintenance industrielle et de l’ingénierie, avec un modèle fondé sur la participation des salariés, la solidarité et l’innovation continue.
Parce que notre force vient de nos collaborateurs, nos valeurs sociétales guident chacune de nos actions et donnent du sens à notre modèle coopératif.








